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La synergie des actions menées au plan national doit déboucher sur l'organisation d'opérations conjointes telles la poursuite des délinquants au-delà des frontières nationales
Les ministres en charge de la Sécurité des pays membres de la Communauté des États sahelo-sahariens (Cen-sad) sont réunis depuis hier au Centre international de Conférences de Bamako. La cérémonie d'ouverture de la rencontre qui a regroupé des membres du gouvernement, des diplomates et des représentants d’organisations régionales et internationales était présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé. Cette conférence se tient après la 2è réunion des ministres en charge de la Défense dans notre espace commun que notre capitale a abritée il y a tout juste un an. Au cours des assises qui s'achèvent aujourd'hui, les ministres vont discuter de la dispense sélective de visa, de la libre circulation des personnes ou encore de la réadmission des immigrés illégaux dans l'espace Cen-Sad.
Dans son discours d'ouverture, le chef du gouvernement a relevé que les pays membres de cette communauté se trouvent aujourd'hui confrontés à des défis multiples qui sont autant de menaces sérieuses à notre sécurité. Ces défis ont pour noms : immensité des espaces ; porosité des frontières ; circulation anarchique des armes ; grand banditisme ; trafic en tous genres ; incursions de mouvements armés ; précarité économique ; immigration clandestine ; terrorisme et criminalité transfrontalière.
"Ces menaces sur la sécurité de nos populations ainsi que la stabilité de nos institutions requièrent de notre part de privilégier des solutions communautaires, qui mobilisent toutes nos énergies et nécessitent une redistribution judicieuse des rôles et des responsabilités" a analysé Modibo Sidibé. La paix et la sécurité, a-t-il rappelé, constituent sans conteste le socle sur lequel repose toute ambition de développement.
A ce propos, le Premier ministre a salué l'engagement des pays qui, chaque année, soutiennent la résolution "Assistance aux États pour l'arrêt de la circulation illicite et la collecte des armes légères et petit calibre" que notre pays présente au nom du groupe de la CEDEAO, lors des sessions de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Modibo Sidibé s’est ainsi félicité du fait que les 28 pays membres de la Cen-sad aient collectivement saisi la juste mesure du danger que représentent les armes légères et de petit calibre. Face au grand banditisme frontalier, et dans un contexte de globalisation, c'est, estime-t-il, la synergie des actions menées au plan national qui nous permettra de parvenir à une solution concertée, notamment à travers l'organisation d'opérations conjointes à nos frontières telle que la poursuite des délinquants au-delà des frontières nationales.
Le Premier ministre a invité les participants à prendre la mesure du défi que représente également la gestion des phénomènes migratoires dans notre espace commun. Le secrétaire général de la Cen-Sad a, pour sa part, salué la régularité avec laquelle des responsables nationaux de la sécurité se rencontrent. Ce qui atteste, selon Mohamed Al Madani Al Azhari, de l'importance particulière que les leaders et chefs d'État de notre communauté accordent à la recherche de solutions propres à asseoir définitivement la paix, la sécurité et la stabilité dans cet espace. Le secrétaire général de la Cen-Sad a également souhaité que la rencontre soit une occasion de revisiter nos acquis et de poser de nouveaux jalons pour apporter à nos populations la quiétude nécessaire.
Entre autres résultats enregistrés par cette organisation après une dizaine d'années de concertations, on peut citer la convention sur une charte de sécurité, la signature d'une Déclaration sur la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre et un accord de coopération en matière de lutte contre le trafic illicite des stupéfiants et substances psychotropes. A cela, il faut ajouter une série de séminaires et sessions de formation.
Pour gagner en efficacité, Mohamed Al Madani Al Azhari recommande la mise en œuvre d'actions concrètes telle la possibilité de mener des patrouilles communes et simultanées afin de débusquer les criminels qui profitent des failles de la coopération sécuritaire transfrontalière. L'autre défi souligné par le secrétaire général de la Cen-Sad est le traitement d’une difficulté récurrente : la lenteur à adopter, au plan national, les textes convenus au plan communautaire.
A. M. CISSE
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