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La salle Polyvalente de l’Ecole Nationale de Police (ENP) a abrité ce jeudi 03 décembre 2009, dans la matinée, une rencontre du Ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, le Général Sadio GASSAMA avec les Commandants de Légions et de Groupements de Gendarmerie et les Directeurs Régionaux de la Police.
Au centre des échanges, les résultats des différents contrôles effectués par l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) sur les axes routiers inter-Etats de l’espace ouest africain.
Dans une brève introduction, le Ministre GASSAMA a présenté l’évolution des résultats obtenus par le Mali suivants les trois indicateurs de contrôle sur les axes à savoir : le nombre de barrières de contrôle, les perceptions ou prélèvements illicites et les temps de contrôle ou les retards.
Les contrôles OPA se sont déroulés sur trois corridors que sont Tema- Ouagadougou, Ouagadougou-Bamako et Lomé-Ouagadougou.
Sur les trois corridors et sur la base des trois indicateurs de contrôle, le Mali a toujours occupé le peloton de la queue depuis la mise en place de l’OPA en 2005 jusqu’au deuxième trimestre de l’année 2009.
Un coup d’œil sur les différents rapports élaborés par l’OPA suffit de mieux cerner la position de notre pays. En effet, si en 2006, le Mali dénombrait 4,5 barrières aux 100 km, ce nombre a atteint 7 au deuxième trimestre 2009.
En 2006, le Burkina comptait 01 barrière aux 100 km contre 2,2 au Ghana et 01 au Togo. Pour le deuxième trimestre 2009, ces trois pays enregistrent chacun 02 barrières aux 100 Km.
S’agissant des perceptions illicites, les montants perçus au Mali varient entre 12.600 FCFA en 2006 à 11.400 FCFA au 2ème trimestre 2009. Au Burkina, les prélèvements illicites sont de l’ordre de 3.700 FCFA en 2006 et 2.045 FCFA au 2ème trimestre 2009. Elles s’élèvent à 2.000 et 2. 540 FCFA au Ghana pour 2006 et le second trimestre 2009.
Le Togo connaît une régression en passant de 1.700 FCFA en 2006 à 1.631FCFA.
En terme de temps de contrôle aux 100 Km, le Mali enregistre 36 minutes en 2006 et 28 au second trimestre 2009. Le Burkina va de 13 minutes en 2006 à 6 au 2ème trimestre 2009.
Le Ghana et le Togo enregistrent le même temps de contrôle en 2006, soit 20 minutes aux 100 KM, mais avec 21 minutes le Ghana connaît une légère hausse par rapport au Togo qui régresse à 07 minutes.
Ces différents résultats ternissent l’image du Mali et constituent une gêne aux yeux des autorités nationales. D’où la nécessité de renforcer les mesures correctrices déjà initiées par notre pays en vue de la fluidité du transport et du transit sur son territoire malien.
Des interventions objectives
Les forces de gendarmerie et de police étant les plus montrées du doigt dans les rapports, le Premier responsable du département a jugé nécessaire de rencontrer les différents commandants d’unités de l’échelon régional en vue d’arrêter des mesures pouvant circonscrire les pratiques anormales sur le territoire malien.
Sans pour autant nier la part de responsabilité des forces de sécurité dans le taux élevé des pratiques anormales au Mali, les différents intervenants ont déploré la présence de plusieurs structures au niveau des postes de contrôle 07 à 08 structures sont souvent représentées au niveau des postes et chaque structure perçoit un montant avec le transporteur. Aussi, chacune des structures présentes peut immobiliser le véhicule sans l’accord de l’autre.
En outre, les responsables régionaux de sécurité ont estimé que la réglementation en matière de transport inter communautaire n’est pas appliquée, car aucun véhicule ne dispose de macaron qui doit être affiché sur le véhicule depuis le départ du trajet. La mise en exécution de la résolution relative à la circulation inter- communautaire pourrait, dans leur entendement, combattre les pratiques anormales.
Réagissant aux différentes interventions, le Ministre Sadio GASSAMA a expliqué que les enquêtes identifient clairement les agents coupables de pratiques anormales. Ainsi, pour la période initiale de l’enquête allant du 26 octobre 2006 au 27 mai 2007, les forces de gendarmerie et de police sont indexées au Mali.
Au premier semestre de l’année 2008, la police arrive en tête, suivent la Gendarmerie, la Douane et les agents de contrôle de la charge à l’essieu.
En 2009, les incriminations pour les perceptions illicites portent par ordre décroissant sur les agents de la Direction Nationale des Transports, chargés du contrôle de la charge à l’essieu, la Police, la Gendarmerie et la Douane.
Etant désignés comme responsables, nous devons, par conséquent, prendre des mesures concrètes, a souligné le Général Sadio GASSAMA.
C’est ainsi qu’à l’issue de la rencontre, il a donné des instructions aux représentants des forces de procéder, dans un délai d’une semaine, à la détermination des postes à supprimer sur le corridor Ouagadougou-Bamako. La diminution du nombre des postes sur le territoire malien s’avère indispensable dans la mesure où les résultats des contrôles de l’OPA ont démontré que chaque fois les postes diminuent, les perceptions illicites chutent. Toutefois, cette suppression de postes ne devrait pas se faire au détriment de la sécurité des citoyens maliens le long des axes routiers, a-t-il averti. Autrement dit, oui à la fluidité mais dans la sécurité. Pour ce faire, la mobilité des forces sera renforcée. De même des dispositions seront prises pour contrôler les postes qui ne seront pas supprimés.
La rencontre a, par ailleurs, décidé de lever une mission d’enquête, constituée de l’Inspection des Services de Sécurité et de Protection Civile, de la Police et de la Gendarmerie, pour sillonner le corridor Ouagadougou-Bamako.
Avec les conclusions de cette mission, une réunion sera organisée avec toutes les structures impliquées dans la gestion des postes.
Sounkalo TOGOLA Chargé de Mission |